Cultiver la Terre : un bien nécessaire

Publié le 12 Mai 2015

Cultiver la Terre : un bien nécessaire

Charles Hervé-Gruyer dans son ouvrage "Permaculture, guérir la terre, nourrir les hommes" a su mettre des mots sur ce que nous avons toujours ressenti Fabrice et moi. Ces paroles résonnent comme des préceptes que nous nous devons de respecter, pour faire face aux inepties de notre société.

"Nous sommes ce que nous mangeons car notre corps est fabriqué avec les molécules qui constituent nos aliments. N'est-ce pas une invitation au respect? (...) Prendre soin de son corps, c'est prendre soin de la Terre, car notre corps est un reflet du cosmos."

L'aventure du Potager du Caillou a commencé en octobre 2012, tout d'abord très modestement. Puis quand notre petit Toine naît en septembre 2013, cultiver la Terre devient une nécessité: nous ne pouvions pas nourrir notre enfant avec des aliments produits dans un seul but, celui de rentabilité économique. Alors, tant bien que mal, avec le temps que laisse un nouveau-né à ses parents, nous avons poursuivi nos cultures.

Voici donc quelques principes essentiels que nous essayons d'appliquer au quotidien:

- Aucun produit chimique de synthèse
- Soigner le sol et sa faune
- Utiliser des graines et des plants issues de l'agriculture biologique
- Favoriser les rotations culturales et adopter des principes de bon compagnonnage
- Effectuer un paillage de toutes les zones de cultures et économiser l'eau
- Utiliser le moins possible d'énergie fossile

Plus les mois passent, et plus la Terre nous appelle. Une râteau dans une main, un livre dans l'autre. Toutes les expériences sont bonnes à prendre, alors nous lisons, nous cherchons. Nous apprenons de ceux qui ont essayé avant nous et de nos erreurs. Nous luttons à notre manière pour un monde meilleur.

Séverine

Pas de produits chimiques de synthèse

La nature est bien faite. Nous avons donc troqué nos produits beurk-beurk pour des solutions plus naturelles.

Depuis 2 ans nous n'utilisons plus de produit chimique de synthèse, nous favorisons au maximum les recettes maison comme le purin ou autres décoctions de plantes pour protéger nos cultures des nuisibles. Nous utilisons également certains produits utilisables en agriculture biologique, à savoir le pyrèthre, la bouillie bordelaise, le soufre, et le bacille de Thurenge.

Mais ce que nous privilégions ce sont les interventions de nos amis insectes. Dans un jardin en bonne santé, les arrivages de pucerons sont aussitôt suivis d'un débarquement massif de coccinelles qui se font un plaisir de les avaler tout cru, donnant naissance à de sympathiques larves avide de pucerons.

Les chrysopes (demoiselles aux yeux d'or), forficules (perce-oreilles) et syrphes (guêpes parasitoïdes) sont également de précieux auxiliaires.

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Soigner le sol et sa faune

Dans un potager, l'élément principal est le sol. Il apporte tout ce dont les plantes ont besoin pour se développer et nous offrir une récolte de qualité avec un rendement intéressant.

Ainsi, soigner son sol c'est soigner ses légumes. Pour une bonne récolte, la terre doit être bien évidemment fertile.

Chaque année, la matière organique présente dans le sol a tendance à disparaitre. Il est donc conseillé d'en ajouter régulièrement sous la forme d'un amendement organique. Le fumier de cheval fait très bien l'affaire. Les centres équestres sont ravis d'en être débarrassés.

Le compost est également un excellent amendement pour le sol. Il demande cependant du temps avant d'être utilisable au potager (entre 6 et 9 mois)

Un bon compost est enrichi par des apports variés : des déchets du jardin (tonte, branches, feuilles, fleurs fanées, écorces, pailles...), des déchets de cuisine (épluchures, fruits et légumes gâtés, coquilles d'œufs, pain, croûtes de fromage...) et des déchets de la maison (cendres de cheminée, plantes d'intérieur, cartons non imprimés...).

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La qualité d'un sol repose sur sa faune

Ses petits habitants (vers de terre, cloportes, larves et autres insectes) appelés aussi micro-organismes ou décomposeurs, transforment la terre et les amendements fertilisants en éléments nutritifs assimilables par les plantes.
Il est donc indispensable de protéger ces êtres vivants et de favoriser leur reproduction par un apport de matière organique saine.

Décomposeurs du solDécomposeurs du sol

Décomposeurs du sol

Utiliser des graines et des plants issus de l'agriculture biologique

Nous cultivons de préférence des variétés locales et résistantes aux maladies les plus courantes. Elles sont le mieux adaptées à notre sol et demandent moins d'interventions (engrais, apport d'éléments nutritifs).
Nous avons misé sur les variétés anciennes pour leur goût : panais, courge "butternut", tomates cornues des Andes...

La quasi totalité de nos plants ou graines sont issus de l'agriculture biologique.

Voici quelques adresses où nous commandons nos graines:
Association Kokopelli
Les jardins de sainte Marthe

Légumes anciensLégumes anciensLégumes anciens

Légumes anciens

Favoriser les rotations culturales et adopter des principes de bon compagnonnage

En pratique, on classe les plantes potagères en trois groupes selon leurs exigences et affinités :
Premier groupe: Les légumes dit "feuilles"
comme la mâche, le chou, les salades, l'épinard... qui se plaisent en compagnie des solanacées comme la tomate, la pomme de terre, le poivron, l'aubergine.
Deuxième groupe: Les légumes dits "racines"
Les légumes dits "racines" comme la carotte, le panais, le radis, la betterave, le navet s'associent à merveille avec les légumes dits bulbes comme l'ail, l'oignon et l'échalote.
Troisième groupe: Les légumes dit "fruits"
Les légumes fruits que sont les melons, les courges, les potirons, les citrouilles et les concombres, ont des exigences similaires aux "légumineuses" ou plantes à gousses (légumes grains) comme la fève, les pois, les haricots.

Le principe est simple: ne jamais laisser des légumes d'un même groupe sur une même parcelle deux années consécutives.

Au même emplacement se suivront ainsi des cultures de légumes racines, puis l'année suivante les légumes-fruits, puis les légumes feuilles.
La quatrième année, un engrais vert est semé pour laisser la terre se reposer et s'enrichir naturellement avant recommencer un nouveau cycle de culture, toujours dans le même ordre.

La rotation des cultures a de multiples avantages:

- Les ressources du sol sont équilibrées par une alternance de culture de plantes aux besoins différents,
- les problèmes de carence sont bien moindres.

Cette technique clé permet également d'éviter la propagation de maladies, l'invasion de nuisibles ou la colonisation par des mauvaises herbes.

Tout cela bien sûr, c'est de la grande théorie. La réalité du terrain, les aléas des récoltes, ne permettent pas toujours de respecter cette rotation. Alors, on fait "au mieux"!

Le compagnonnage est également une "science" efficace au potager. Pour en savoir plus, lire l'article "Les potes au Potager".

Rotation culturale

Rotation culturale

Effectuer un paillage de toutes les zones de cultures et économiser l'eau

Un arrosage raisonné respecte votre sol, votre porte-monnaie, et la planète par la même occasion.

Nous arrosons la nuit afin de limiter le maximum d'évaporation.
L'arrosage par goutte à goutte est indispensable quelle que soit la taille du jardin. Le nôtre est automatisé avec un programmateur. Ce qui nous permet de dormir tranquilles ou de pouvoir nous absenter quelques jours. Le goutte à goutte est aussi indispensable si l'on veut éviter les corvées d'arrosage manuel qui peut rapidement devenir insupportable!

Si cela demande un investissement de départ relativement important, au final on s'y retrouve rapidement en économisant de l'eau et du temps.

Enfin, un bon paillage permet de limiter l'évaporation de l'eau et de ralentir la pousse des mauvaises herbes... Installé au pied des cultures, il est aussi très esthétique. Nous avons utilisé de la paille, des tontes de pelouses, et du BRF (Bois Raméal Fragmenté).

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Utiliser le moins possible d'énergie fossile

Il est préférable, si on veut avoir la panoplie complète du bon jardinier, d'utiliser le moins possible d’énergie fossile et notamment le pétrole.

Au placard la motobineuse et bonjour la grelinette...mes oreilles se reposeront et mes bras grossiront...ça fait très slogan publicitaire...!!!!

Néanmoins, dans notre terre argileuse, la motobineuse reste encore un outil bien utile. Lors de la création du potager en 2012, le sol était tellement compact que nous avons eu besoin de l'ameublir sur au moins 30 cm.

Mais aujourd'hui, 2 ans et demi après, la grelinette à fait son entrée dans le potager et n'en sortira plus. Plus simple d'utilisation, et surtout moins agressive pour le sol et les micro-organismes, elle est devenue, au Potager du Caillou, un outil indispensable.

Rédigé par Fabrice Boudou

Publié dans #Potager

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